Depuis le début du mois, Adeline Roux-Langlois et Matthieu Dien, respectivement Directrice de recherches et Maitre de conférences au GREYC (laboratoire sciences du numérique) enfilent leur casquette de référents parité au sein de l’Université de Caen Normandie (membre du COPAINE). L’occasion pour les deux collègues d’impliquer l’ensemble de la communauté académique et d’attirer l’attention sur un sujet personnel, institutionnel et sociétal grâce à cette fresque.
Un outil pédagogique et sourcé
« Nous sommes ici pour discuter et réfléchir tous ensemble et dans la bienveillance ! Nous sommes tous garants du cadre et devons échanger avec confiance » annonçait Matthieu Dien, également chef du département Réseaux et Télécommunications. Face à une dizaine de participants et participantes, les sessions de la fresque de l’égalité professionnelle permettent de situer le contexte actuel sur les inégalités hommes-femmes, avoir des données précises, établir un constat et ont aussi pour objectif de trouver, ou en tout cas, réfléchir à des solutions.

Et c’est justement avec des quizs que l’atelier débute et on y apprend par exemple que les différences de salaire homme-femme (poste de titulaire) est de 943€ à l’Université (source Rapport social 2024), que les BIATSS (personnels non-enseignants du supérieur) catégorie C sont à 75% des femmes ou encore que l’Université ne dispose que de 2 directrices de composante (dont l’IUT GON). Des statistiques réelles qui sont malheureusement le reflet de la société et c’est d’ailleurs en essayant de comprendre les raisons que la séance se poursuit, grâce à un jeu de cartes « cause à conséquence ».
Nos petits groupes disposent ainsi de cartes, créées par la « Mission pour la place des femmes » du CNRS où sont illustrées les origines possibles des inégalités. On y retrouve par exemple : la biologie, le manque de modèles ou de mixité sans oublier des mécanismes cognitifs tels que les préjugés, la catégorisation, les stéréotypes ou encore la discrimination qui entrainent également des écarts de traitement et en conséquence, de comportement ! Objectif, trouver les relations entre les différentes cartes, prendre de la hauteur et trouver des pistes d’avancement pour la suite.

Se rendre compte, se concerter et apporter des solutions
En se basant sur un outil sourcé, le constat est clair et parfois déroutant. « Le premier état des lieux est que le monde scientifique est dominé par le masculin, particulièrement dans les laboratoires de mathématiques et d’informatique, et forcément, cela provoque une baisse de l’attractivité de ces labos pour les femmes et donc des pertes de talents » analysait Matthieu Dien, avant de poursuivre, « on entend parfois des choses trash. Et mettre le doigt sur ce genre de déclaration fait réagir. Il y a clairement une remise en cause de privilèges que certains vont ressentir alors que d’autres ne vont pas le conscientiser et c’est là que nous devons intervenir ».

On retiendra par exemple ce jour-là, l’importance de la construction homme-femme causant donc la perte d’attractivité de certains métiers « stéréotypés masculins » et comment l’institution peut motiver et inverser la tendance (ndlr : pas d’exemple ici pour ne pas biaiser les prochaines participations aux ateliers). Autre conséquence directe, les biais sur les recherches IA, qui se nourrissent et s’entrainent avec des sources ou contenus masculins. En médecine, on pourrait revenir sur l’efficacité du Spasfon jamais réellement démontrée dans le cas des douleurs gynécologiques et obstétricales (Pilules Roses, Juliette Ferry-Danini)
Aussi, sur ce genre d’initiative comme la fresque de l’égalité professionnelle, la majorité des participants sont des participantes. « Et globalement c’est le cas dans quasiment toutes les actions. Les hommes se sentent moins concernés car (inconsciemment ?) privilégiés comme disait Matthieu » ajoutait Adeline Roux-Langlois. Ainsi, après avoir constaté, il faut rassembler les idées, les groupes tournent, les protagonistes échangent sur des propositions ou des suggestions pour améliorer la situation dans le cadre professionnel.

Avoir un autre regard pour avancer
La satisfaction de ces ateliers c’est la participation collective des parties prenantes, et clairement dans ces formations tout le monde a envie d’avancer. Il faut maintenant que cela dépasse le cadre des séances pour devenir naturel. « Depuis la mise en place de cette initiative il y a 2 mois, c’est très positif du côté participants, on progresse, des éléments, des arguments et des propositions variés ne cessent d’apparaitre. C’est bon signe, on arrive à mettre du concret sur des situations de tous les jours, et à avoir un autre regard ou changer sa façon de voir les choses » se réjouissait le chef de département RT.

Le prochain atelier aura d’ailleurs lieu le vendredi 26 juin prochain dans le bâtiment Sciences 3 du campus 2 à Caen, alors n’hésitez pas à vous inscrire, que ce soit, pour apporter votre vision des choses, découvrir et apprendre ou tout simplement par curiosité ! En effet, notre professeur vous le confirmera, « ce n’est pas ennuyant, au contraire, c’est participatif, pédagogique, ludique et instructif. En plus, vous aurez la chance de croiser des collègues de tout statut, venant de tous les services de l’université. L’occasion de créer ou renforcer les liens professionnels ». On compte sur vous pour faire bouger les lignes !










