Elle a 19 ans, est en 2ème année de BUT RT sur le Campus 3 à Ifs, et forcément quand on la voit qualifiée pour une finale de concours d’éloquence, on pourrait penser qu’il y a un bug. Et bien non, et certainement pas ! Depuis le mois de mars, parmi les étudiants en Droit ou en Lettres, elle a prouvé qu’il ne fallait pas ranger les personnes dans des cases et vendredi c’est la grande finale !
Un concours pour le plaisir
« J’ai découvert le concours par une amie qui fait des études de Droit sur le campus 1. Elle m’a demandé si j’étais motivée. Oui, parce qu’en terminale, j’avais déjà eu une expérience du même genre. J’avais apprécié, alors je me suis dit pourquoi pas. Nouveau contexte universitaire et challenge accepté ! » annonce Victoria Ruf, notre étudiante. Et cette fois, ce ne sera plus autour d’une citation mais sur l’approbation ou la réprobation d’une thèse ! On passe au niveau supérieur mais qu’à cela ne tienne, l’envie est toujours au rendez-vous.
Et dans cette aventure, c’est également une histoire d’amitié qui se poursuit. Alors que Victoria jouera la grande finale, son amie tentera de remporter la petite finale. « On essaie de se donner des conseils évidemment, on s’est suivi sur tout le concours. Au début, ça me stressait un peu parce que je ne connaissais pas le campus 1, je n’avais jamais fait de discours dans un micro, comment placer ma voix, etc… mais maintenant, c’est plutôt zéro stress. Je me dis que c’est fou d’être arrivée jusqu’ici et n’étant pas du domaine, j’ai tout à gagner » sourit l’étudiante.

Beaucoup de préparation et du sommeil en moins
Pour cette dernière échéance, la période est particulièrement chargée pour Victoria. « On a pas mal de partiels en ce moment et la préparation prend beaucoup de temps » avoue-t-elle. La gestion devient primordiale et à l’instar des sportifs de haut niveau, « il faut s’appliquer une certaine discipline. Parfois, je ne suis pas motivée pour réviser les cours, je bascule donc sur le concours. Je le prends comme un passe-temps finalement. Et inversement, quand je n’ai plus d’inspiration, je repasse sur les révisions. A tout ça j’ajoute un peu de sport et voilà » confie Victoria.
Quoiqu’il en soit, c’est beaucoup de sommeil perdu sur ces dernières semaines. Notre étudiante en réseaux a trouvé une méthode qui semble lui convenir, d’abord un brainstorming pour faire ressortir toutes les idées du sujet et puis on fait le tri. « Ensuite, j’ai la chance d’avoir des amis dans plein de domaines différents, ça me permet d’avoir des points de vue variés. Les camarades de classe vont être plutôt pragmatiques, d’autres qui font médecine, avec un côté scientifique, certains en psycho pour l’aspect plus philosophique. C’est donc plein d’approches et d’angles possibles.
Sa petite touche personnelle donc, utiliser son ouverture d’esprit pour faire valider son allocution. Et toutes les occasions sont bonnes pour peaufiner les arguments, « je profite de vivre en résidence étudiante pour faire écouter mon sujet à mes voisines. Je leur demande cinq minutes pour prêter l’oreille et me dire ce qu’elles en pensent. Ça m’a par exemple permis, sur le sujet d’avant, de constater que j’avais plusieurs remarques similaires sur un point particulier. J’ai compris que c’était à retravailler » explique la spécialiste informatique.

Un profil atypique et inspirant
Ses voisines sont justement les premières à être surprises de son investissement dans ce concours, et une réplique revient souvent : « mais tu fais des études en informatiques, tu sais parler ? ». Cette remarque, Victoria entend bien la balayer. « Oui, je fais de l’informatique et je sais m’exprimer ! Il faut arrêter avec ces clichés et ne pas placer des gens dans des cases. Evidemment, quand on parle d’éloquence, il y a une étiquette un peu élitiste qui peut fermer la porte à certains, ça peut faire peur, notamment pour ceux venant d’autres formations plus scientifiques » reconnait-elle.
Alors pas simple de motiver des copains de promo à se lancer… « Trop de gens pensent que l’éloquence c’est que des mots compliqués, avoir un vocabulaire, etc. et moi j’ai juste envie de dire, non, ce sont des idées à exposer avec conviction. Savoir passer un message avec ses mots tout simplement, et pour être honnête, c’est ça qui m’amuse ! Pas forcément besoin de faire du Droit ou des Lettres » poursuit l’alternante de 2ème année, tout en admettant que ce type de concours, reste forcément un objectif pour celles et ceux qui veulent devenir avocat par exemple.
Se caractérisant comme quelqu’un d’assez extraverti, cet exercice permet à Victoria de voir jusqu’où elle peut aller. Mais toujours la tête sur les épaules, elle garde sa carrière en tête en parallèle. En effet, elle a déjà postulé pour des écoles d’ingénieurs l’année prochaine, puisque cela reste son objectif professionnel. Cette « touche à tout » avoue malgré tout qu’elle ne pense pas faire le même métier toute sa vie… « je sais que c’est toujours bien vu d’être à l’aise à l’oral et ça peut m’ouvrir d’autres portes alors je prends cette expérience comme un bonus ».

La grande finale ce vendredi
Le rendez-vous a lieu ce 3 avril à 19.00 dans l’amphithéâtre De Boüard du campus 1 et Victoria aura la chance d’avoir le soutien de quelques camarades et membres de l’équipe pédagogique et enseignante. Un lieu qui lui a porté chance jusqu’à maintenant. Approbation et réprobation, notre étudiante a déjà pu tester les deux conditions lors des tours précédents. Cette fois-ci, le sujet : « Et si tout recommençait, feriez-vous différemment ? » qu’elle devra défendre par la positive pendant 7 minutes avant les questions du jury et une possible contre-plaidoirie.
Un programme alléchant et une thèse inspirante même si l’étudiante avoue qu’elle aurait préféré défendre la négative sur ce sujet. « Au début, je n’étais pas forcément inspirée parce que plutôt contre, donc obligée de pousser ma réflexion en partant de mon avis personnel pour pouvoir contre-argumenter. Tout un travail inversé finalement mais super enrichissant ! » reconnait-elle. Quoiqu’il en soit à 24h de l’échéance, les 5 feuilles de l’allocution de Victoria sont bien remplies, ne reste plus qu’à travailler la présentation face au jury.
« Perso, j’aime bien commencer par raconter une histoire pour tenter d’attirer l’attention du jury. J’essaie de créer une ambiance, dans mon style, un peu poétique, en mixant des éléments littéraires mais aussi du quotidien, c’est ma note personnelle. Maintenant, je refais ma routine chez moi pour m’entrainer. De la mise en scène, je visualise, je pose ma voix, tout un côté théâtral qui s’amplifie le jour J grâce à l’adrénaline. Je crois que je vis le truc encore plus intensément parce que je veux montrer au jury ce que j’ai fait et j’aime ça ! » conclut-elle.
Vous l’aurez compris, même si elle considère cette expérience comme une distraction, Victoria reste déterminée et sera avant tout là pour prendre du plaisir. C’est la première fois en 5 éditions que la finale ne se joue pas entre deux étudiants de droit, une opportunité, comme elle le dit, « de mettre en valeur l’IUT GON et de montrer que nous ne sommes pas simplement des nerds enfermés derrière des ordinateurs, mais que nous savons aussi nous exprimer et défendre nos idées à l’oral ! ». L’IUT Grand Ouest Normandie souhaite le meilleur à Victoria !
Pour assister au concours et venir supporter Victoria, inscrivez-vous ici.

