Les effets néfastes des réseaux sociaux sur les jeunes

Dans le cadre des cours de culture numérique des étudiants de 2ème année de BUT Information-Communication, le député du Calvados Arthur Delaporte est intervenu pour présenter la Commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.

Un piège algorithmique et une exposition à des contenus dangereux

Les réseaux sociaux ont pris une place considérable dans le quotidien des français et encore plus dans celui des jeunes. Et ça, les plateformes l’ont bien compris ! La preuve dans l’assemblée présente ce jour, quasiment tous les étudiants ont un compte sur l’application chinoise. D’ailleurs, fait révélateur, 70% des étudiant·es du BUT InfoCom ont eu connaissance de cette commission parlementaire grâce aux influenceurs ciblés ou convoqués pour des contenus encourageant l’hypersexualisation, la mouvance masculinisme ou encore la distribution de cadeaux ou d’argent.

Arthur Delaporte IUT Grand Ouest Normandie Réseaux Sociaux

« Certains influenceurs et autres personnalités utilisent ce réseau parce que l’algorithme alimente les conflits, les clashes et cela devient une spirale infernale. Il suffit de voir une vidéo une fois pour l’avoir dans ses suggestions… » annonçait le député. Ainsi, grâce aux témoignages de familles touchées ou de victimes mais aussi avec une grande diversité de personnes entendues, des chercheurs aux créateurs de contenus sans oublier les professionnels de santé et les politiques, et avec plus de 30000 contributions de collégiens, lycéens et professeurs, l’investigation prend sens.

« En France, Tiktok connait un développement important à partir de 2020, vous avez grandi avec. Mais le plus inquiétant, c’est que désormais, la plateforme s’installe aussi dès l’école élémentaire avec 1/3 d’installation chez les CM2 ! » révélait l’homme politique. Et au niveau des chiffres, le plus préoccupant, c’est que les 11-17 ans passent plus de 3h quotidiennement sur ces applis. Derrière, c’est ce qu’on appelle « le terrier de lapin » : augmentation du temps de visionnage, perte de contrôle, puis du sommeil avant les pertes d’attention, d’alimentation et enfin de socialisation. C’est là le danger !

Tiktok effets néfastes réseaux sociaux Arthur Delaporte

A cela s’ajoute les chiffres du rapport d’Amnesty International, qui conclut que 67 secondes de navigation seulement suffisent pour tomber sur des contenus liés à la dépression ou à l’anxiété ! « Autre fait alarmant, ce sont les adolescentes qui sont majoritairement ciblées par des contenus sensibles ou toxiques et Tiktok ne met pas d’avertissement ! » poursuivait Arthur Delaporte. D’ailleurs, après un sondage rapide dans l’amphi, plus d’un quart des étudiantes de la salle disent avoir déjà reçu des demandes de contenus sexuels ! Le constat est affligeant…

Nos étudiants conscients des dangers et forces de propositions

Ainsi pour lutter contre les débordements et les pratiques dangereuses des réseaux sociaux, la commission d’enquête propose ainsi des solutions. Parmi celles-ci :

  • L’arrêt des flux infinis « Pour toi » et les mécanismes de gratification visuelle qui provoquent un comportement compulsif chez les jeunes, les enfermant dans des bulles numériques pendant plusieurs heures par jour
  • Une modération plus efficace malgré un premier cadrage, insuffisant si l’on en croit la commission. Les contenus gris (néfastes mais pas nécessairement illicites) prolifèrent et restent dangereux
  • Un contrôle de l’âge plus ferme avec une interdiction des réseaux sociaux avant 15 et la mise en place d’un couvre-feu numérique bloquant l’accès entre 22h et 8h pour les 15-18 ans
Influence des réseaux sociaux TikTok Information Communication BUT

Quoiqu’il en soit, dans la salle cette thématique fait réagir et c’est bien l’objectif du cours de Caroline Laisney, enseignante en Information-Communication. Les prises de paroles s’enchainent pour proposer des idées. Au 3ème rang, on pense « qu’on ne trouve plus le temps de s’occuper. Et en conséquence, on devient esclave de l’application. On scrolle sans même aller chercher du contenu, laissant la désinformation nous imprégner parfois. Il faut qu’on arrive à trouver d’autres sources d’occupation ou de distraction pour ne plus être dépendant des réseaux.

Par ailleurs, on préconise « un accompagnement des parents ! On cible les enfants, mais ce sont aussi les parents qu’il faut mettre dans la boucle. On a tous détourné les contrôles parentaux et les parents méconnaissent parfois les utilisations de certains réseaux, et particulièrement certains dangers, c’est donc aussi à eux qu’il faut penser ! ». Une réflexion pleine de sens d’autant plus qu’à l’adolescence, confiance et indépendance sont des sujets brulants, alors avec une meilleure connaissance des usages de nos enfants, les relations seraient peut-être plus sereines !

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Un grand merci à Arthur Delaporte pour cette intervention qui a eu le mérite de mettre au grand jour aussi bien l’éthique du numérique, la responsabilité et même les effets négatifs de certaines plateformes. Bravo à nos étudiantes et étudiants d’avoir joué le jeu, d’avoir témoigné et pris la parole. Une prise de recul existe malgré tout et c’est plutôt rassurant, à eux également de faire passer les messages et d’alerter les plus jeunes !

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